le 16 mai 2012
Un accord a mis fin à la grève de la faim entamée le 17 avril dernier par près de 2.000 prisonniers politiques palestiniens. C’est d’abord un immense soulagement car certains prisonniers atteignaient un seuil critique, après avoir entamé pour certains d’entres eux cette grève depuis le 1er mars.
C’est une victoire politique immense gagnée pour le respect de leur droit élémentaire et de leur dignité humaine, qu’ils ont remporté face aux autorités pénitentiaires israéliennes souvent inflexibles.
Faut-il rappeler que le seul tort des 4.500 prisonniers toujours enfermés dans les geôles israéliennes comme celui des 800.000 palestiniens qui ont connu la prison depuis 1967, est de résister à l’occupant israélien ? Faut-il rappeler qu’Israël enfreint de nombreuses règles internationales comme celui d’emprisonner 185 enfants âgés de moins de 18 ans, 11 femmes et 27 députés élus par le peuple palestinien ? Faut-il rappeler que l’ensemble des prisonniers politiques palestiniens sont jugés par des tribunaux militaires illégaux au regard de l’ONU ?
Les principales revendications qu’ils portent maintenant depuis longtemps ont été pour l’instant satisfaites par les autorités pénitentiaires : la fin du régime de détention administrative qui permet de maintenir un détenu indéfiniment en prison sans que lui soit notifié la moindre charge et qui concerne près de 1.000 Palestiniens ; mais aussi la fin de l’isolement qui ruine la santé psychique et physique des prisonniers ; le droit de visite pour les prisonniers de Gaza qui en sont privés depuis 2006 ; la reprise des cours, la fin des humiliations.....
Si la victoire est là, grâce au courage et à la détermination des prisonniers et à la solidarité des peuples partout dans le monde, il faut que nous restions vigilants quant à l’application de l’accord. Les autorités israéliennes pourraient être tentées, comme au mois d’octobre dernier, de ne pas respecter l’accord si la mobilisation faiblit, dans une impunité totale.
Cette grève, complètement occultée par nos médias, illustre l’injustice de l’occupation israélienne qui bafoue les droits élémentaires des Palestiniens tous les jours. Notre nouveau président, fraichement intronisé, doit faire entendre la voix d’une France qui agit pour la paix. Cela passe d’abord par la fin du partenariat privilégié entre l’Union européenne et Israël, conditionné au respect des droits humains fondamentaux.
Le combat continue donc pour la libération de tous les prisonniers politiques palestiniens dont Marwan Barghouti, député du Fatah enfermé depuis 2002. Et nous renouvelons en jour de commémoration de la Nakba, notre détermination et notre engagement pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens qui passe par la reconnaissance de l’État palestinien dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale, le démantèlement des colonies, la fin du Mur et le retour des réfugiés.