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Discours de politique générale du Premier ministre: héraut du renoncement ?

 
 

le 04 juillet 2012

     
     

    Lors de l’ouverture de la session parlementaire, Jean-Marc Ayrault a annoncé les grandes orientations de la majorité socialiste fraîchement élue. Le message délivré à cette occasion est loin d’être satisfaisant.

    En effet, le premier ministre n’a cessé de rappeler un prétendu besoin de réduire les déficits publics. Il ne s’agit ni plus ni moins qu’une reprise du rapport de la cour des Comptes publié hier qui prône notamment l’accélération du non-remplacement de fonctionnaires, la baisse des prestations sociales ou encore une hausse de la TVA. Si le gouvernement ne reprend pas toutes ces propositions, il semble accepter cette logique d’austérité qui ne dit pas son nom.

    C’est d’ailleurs au nom de la jeunesse que Jean-Marc Ayrault vante les coupes budgétaires à venir. Pourtant, les jeunes ont davantage besoin de services publics, de nouveaux droits plutôt que d’efforts pour vivre mieux (peut-être) plus tard. Au programme pour les jeunes : une éducation avec moins de personnels et des contrats d’avenir sur le modèle des emplois-jeunes. Nous pensons que cela ne répond pas aux enjeux des générations futures ; il faut au contraire casser les logiques de précarité et répondre aux besoins fondamentaux par un renforcement de nos droits et des services publics pour un statut social de la jeunesse. C’est le sens de loi-cadre pour les jeunes que les députés du Front de gauche déposeront au Parlement.

    La camisole de l’austérité européenne doit être brisée

    Dans ce cadre de rigueur, le gouvernement compte faire voter le traité budgétaire européen acté lors du dernier sommet européen. Ce n’est pas le pacte de croissance, secondaire dans ce traité qui érige l’austérité en loi suprême, qui y changera quelque chose. Pour répondre aux attentes populaires, il faut combattre la loi des marchés. Cela passe par le refus de cet accord européen antisocial et antidémocratique. Nous appelons les députés de la nouvelle majorité à voter contre ce traité et nous exigeons un référendum pour que le peuple français puisse décider de son destin. Rappelons que l’austérité est injuste socialement et inefficace économiquement puisqu’elle augmente les inégalités et engendre de la récession. C’est un bien mauvais message que d’annoncer des efforts avant un d’hypothétiques avancées renvoyées aux calendes grecques.

    Si nous nous félicitons d’annonces sur l’égalité des droits entre tous les couples, sur le droit de vote des résidents étrangers ou sur la réforme fiscale, nous pensons que le contenu mérite d’être approfondi pour que ce ne soit pas des mesures de façade. Au-delà, les objectifs de progrès social que la gauche porte doit s’accompagner de changement plus profonds pour les jeunes et l’ensemble des travailleurs. Pour cela, il faut aller chercher l’argent où il se trouve pour financer des programmes sociaux ambitieux, mettre fin aux licenciements boursiers ou encore adopter la loi-cadre pour l’avenir des jeunes. Il faut aussi faire valoir la voix de la France pour le progrès social et la démocratie sur la scène internationale. Cela passe par la reconnaissance de l’État palestinien (sujet que le Premier ministre a scandaleusement omis dans son discours) dans les plus brefs délais par le Parlement pour envoyer un signal fort au monde. La mobilisation reste plus que jamais nécessaire pour faire gagner un véritable changement pour nos vies.

     

    Discours de politique générale du Premier ministre: héraut du renoncement ?