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La réforme des retraites

 
 
 
 

  1. Un joli cadeau fait au patronat 
    On ne le dira jamais assez, ça n’est pas la crise pour tout le monde ! Ce que le patronat donne d’une main, il le récupère six fois de l’autre : ayant accepté de lâcher 5 milliards d’euros (la moitié en augmentations de cotisations, l’autre moitié pour financer le « compte pénibilité », sera intégralement compensée, bien évidemment sur le dos de ceux qui travaillent. On n’a pas encore le détail précis de ce sur quoi cela devrait porter, hausse de la CSG, nouvelle vague d’exonération de cotisation... La réforme des retraites est donc une porte d’entrée vers de prochaines offensives sur le « coût du travail ». 
  2. Un hold up sur une conquête sociale 
    L’idée d’un « comité de pilotage » conduite par des « experts » pour définir les règles de financement sans avoir à passer par une réforme priverait le mouvement social et nos élus du moindre recours possible. Lutter pour nos retraites, c’est maintenant où jamais ! 
  3. L’allongement de la durée de cotisation 
    Cette réforme se situe dans la continuité des précédentes en privilégiant la poursuite jusqu’en 2020 de l’allongement de la durée de cotisation prévue par la loi Fillon, et en prolongeant ces dispositions après 2020. Il serait ainsi demandé 43 ans de cotisations aux jeunes nés à partir de 1973 alors même qu’on sait qu’ils rentrent de plus en plus tard dans le monde du travail, et que leurs parcours précaires s’effectuent en pointillés. Ils atteindront ainsi l’âge du taux plein bien après 65 ans.
  4. L’aide au rachat des études, qu’est-ce que c’est ? 
    C’est un dispositif qui existe depuis la réforme Fillon de 2003 dans la fonction publique: vous rachetez à l’état une année d’études supérieures, en échange de quoi celles-ci sont comptabilisées pour les retraites. La réforme propose d’en baisser les tarifs pour seulement 4 trimestres. Problème : Cela entérine le fait que le coût de la formation, loin d’être un progrès social, est un coût qu’il faut faire peser sur les travailleurs qualifiés eux-mêmes. D’autant que pour en bénéficier, il faut tout de même pouvoir payer dans la limite de 5 à 10 ans suivant la première embauche après le diplôme : 2800 euros pour une année d’études. Enfin, vous ne pouvez y avoir accès que sous réserve de... n’avoir pas travaillé durant la période d’études, ce qui écarte donc clairement les étudiants contraints de se salarier, soit plus d’un étudiant sur deux. De plus, le rachat de trimestres est limité à 12, soit quatre ans, ce qui ne correspond à aucune formation qualifiante du supérieur.
  5. Apprentissage et formation : en deçà...
    Les jeunes en apprentissage vont pouvoir valider leurs semestres d’apprentissage selon les salaires qui ont été perçus... À hauteur de 20 à 60% du SMIC, difficile d’imaginer que c’est la voie rêvée vers le départ à 60 ans à taux plein ! De plus, seuls les stagiaires en formation pro pourront faire valoir leurs stages dans le calcul des annuités. Quand à tous ces étudiants contraints de se trouver un stage non-rémunéré pourtant déterminant pour la poursuite de leurs études ou leur CV, nada !

 

Quelques chiffres : Précaires, vous avez dit Précaires ? 

En France, l’âge moyen d’obtention du premier CDI est de 27 ans, et seul 1 salarié sur 2 n’est pas au chômage au moment où il prend sa retraite. En 2012, les budgets des familles ont baissé de 1%, tandis que ceux des 500 plus grandes fortunes a augmenté de 25%. Seuls 40% des travailleurs touchés par la pénibilité seront concernés par la réforme. 

Allons chercher l’argent où il est : égalité salariale hommes-femmes : +10 milliards dans les caisses, exonérations patronales sur les cotisations : 30 milliards.

 

Vrai/Faux Teste tes connaissances !

1- On vit plus longtemps, il faudrait donc travailler plus longtemps, c’est évident! 

Faux: C’est parce qu’on travaille plus longtemps qu’on vit plus longtemps, à l’inverse, on voit les conséquences des réformes précédentes : l'espérance de vie en bonne santé diminue depuis 2006. C’est la vision de la société et du travail la plus rétrograde qui soit, à rebours de tout progrès technique et scientifique, à rebours de toute conquête sociale menée jusqu’à aujourd’hui, qui va dans le sens de montrer que plus nous produisons des richesses, plus nous pouvons partager le temps de travail. Aujourd’hui, nous produisons assez pour partir à la retraite à 60 ans, mais dans une dizaine d’années, nous pourrions partir encore plus tôt ! 

2– Par cette mesure, on sauve le système des retraites: 

Faux: Souvenez-vous, l’augmentation de la durée de cotisation était une mesure préconisée par le nauséabond rapport Gallois. Il a donc donné un chiffrage très précis de ce que rapportera cette réforme : quasiment rien. Cela rapportera 2.7 milliards d’euros d’ici 2030... En rendant impossible pour notre génération l’idée d’un départ à un âge digne à taux plein, il s’agit de nous pousser à abandonner l’idée d’avoir accès à une vraie retraite, où à se tourner vers des fonds de pension privés qui ont la rentabilité pour but, et qui sont encore plus instables. Soumises au cours de la bourse, on peut perdre tout ce qu’on a épargné du jour au lendemain... 

3– Mais les retraites, c’est un problème démographique... 

Faux: c’est un problème de répartition des richesses. Celles-ci n’ont jamais été aussi importantes, et pourtant, elles n’ont jamais été autant accaparées par le patronat et la finance. Le déficit des caisses est actuellement de 20 milliards d’euros ? Les exonérations de cotisations sociales accordées au patronat c’est 30 milliards par an ! 

4– Dans cette réforme, on a demandé un effort à tout le monde. 

Faux: D’après les chiffres du gouvernement, le coût de la réforme serait estimé à 3,8 milliards d’euros en 2014. Sur ce montant, 2,8 milliards, soit 73% environ du coût total, seront supportés par les salariés et les retraités. le patronat aura droit à une compensation de près de 30 milliards d’euros financé sur notre dos, en échange d’une hausse de cotisation de 2.5 petits milliards d’euros. Où le gouvernement va-t-il prendre les 30 milliards ? Il n’a pas encore arrêté son choix, pour pouvoir différer les annonces. 

5– Cette réforme fait payer les pots cassés aux jeunes: 

Vrai: C’est d’ici 2020 que la durée de cotisation doit augmenter jusqu’à 43 ans, qui commencera à toucher les jeunes nés dans les années 70, jusqu’à nos générations. Vu les contrats-jeunes , les parcours précaires et en pointillés qu’on n’a cessé de nous imposer précisément à cette période, la jeunesse exploitée est tout particulièrement lésée ! En admettant qu’on trouve un emploi stable à l’âge de 27 ans, et qu’on ne subisse strictement aucune interruption de carrière, c’est pendant 40 ans qu’il nous faudrait travailler pour obtenir une retraite à taux plein ! 

6– Enfin, des mesures pour l’égalité hommes/femmes! 

Faux: malgré les diverses gesticulations, aucune mesure n’a été prise pour mettre fin aux inégalités salariales hommes/femmes, 25 milliards d’euros qui restent bien au chaud dans la poche des patrons. Et parce que + de salaires = + de retraites, si on mettait fin à ces discriminations, c’est 10 milliards d’euros supplémentaires que l’on retrouverait dans les caisses de retraite ! 

7– enfin, une vraie mesure prise pour reconnaître et aider les étudiants! 

Faux: une vraie mesure prise pour les étudiants qui sont sûr de pouvoir débourser 2800 euros pour racheter 1 année dans les 5 à 10 ans suivant l’obtention du diplôme, pour qu’elle soit comptabilisée, et ce, sous réserve de n’avoir pas été salarié durant cette période... Bien peu sont concernés ! Et si la prise en compte des années d’apprentissage dans le calcul des annuités est un point positif, il n’y a aucune mesure prise pour la reconnaissance des stages que l’on nous pousse sans cesse à effectuer. 

8– Cette loi va nous rendre plus compétitifs? 

Faux Aucune des lois n’augmente la compétitivité de notre économie, elle augmente le profit des patrons. Historiquement, ce qui nous rend compétitifs, ce sont les investissements dans la recherche, qui nous permettaient de produire des idées et des biens de qualité, le fait d’avoir des travailleurs formés, en bonne santé... Tous ceci fait défaut parce que le patronat ne veut plus que les richesses produites par les travailleurs financent les services publics, la sécurité sociale, ni même à l’investissement dans les entreprises. À la place, il accapare tout cet argent. Dans quelques temps, ils vont encore venir en réclamer davantage, en disant que la compétitivité est toujours en berne !