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Conseil National du MJCF : Résolution pour une Europe des peuples

 
 
 

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Elections Européennes 2014 : Porter les luttes et les espoirs de la jeunesse !

Réuni lors du Conseil national des 25 et 26 Janvier 2014, le conseil national du mouvement des jeunes communistes a adopté la résolution suivante dans la perspective des élections européennes :

Le Mouvement des Jeunes Communistes de France s'engage à construire une campagne offensive pour rompre clairement avec l'austérité menée par l’Union européenne et ouvrir de nouvelles formes de coopération à l'échelle européenne se basant sur les revendications populaires de la jeunesse.

Ces dernières années, l’Europe des travailleurs, l'Europe des peuples fait entendre sa voix dans les luttes que les peuples mènent souvent en commun. Les jeunes y prennent une place prépondérante. Derrière ces mobilisations, c’est l’idée d’une rupture avec l'Union européenne et la promotion d'une autre construction à l’échelle continentale permettant des coopérations mutuellement avantageuses qui est proclamée, loin de tout repli nationaliste.

Cette Union européenne qui impose des sacrifices aux peuples est socialement et démocratiquement illégitime à l’image des gouvernements qui décident en fonction des intérêts d’une élite de ne pas respecter la volonté des peuples à l’image des référendums bafoués de 2005 en France et de 2010 en Irlande. Elle a été façonnée par les différents traités et notamment l’Acte Unique, Maastricht et Lisbonne qui ont placé au cœur de son fonctionnement la mise en concurrence des travailleurs tout en bafouant la souveraineté populaire et au cœur de son objectif l’organisation du capitalisme en Europe.

Ces luttes portent des revendications qui ont pour nom hausse des salaires, services publics, protection sociale. Pour les jeunes, s’y joignent une exigence : pouvoir construire un avenir sur le continent. Cela passe par une éducation gratuite et publique, un emploi stable et de qualité. En Grande-Bretagne, en Slovénie, en Espagne, en Grèce ou encore en Bulgarie, les jeunes ont été de tous ces combats.

Notre devoir à nous, jeunes communistes, est de travailler à ce que ces revendications, ces intérêts populaires soient au pouvoir et soient effectifs car ils sont partout majoritaires. Il s'agit d'élever le niveau de conscience de la vaste majorité de la population, partant des revendications les plus essentielles jusqu'à la remise en cause du système capitaliste et pour un mode de production qui réponde aux besoins de tous.

Quelles réponses ont été apportées ?

La commission européenne ainsi que la banque centrale européenne, avec la complicité des gouvernements nationaux ont été les fers de lance d'une politique de casse sociale d'une ampleur inégalée dirigée contre les peuples et la jeunesse populaire. Il s'agit d'un processus visant à faire peser le poids de la crise sur les classes populaires européennes et permettant aux classes dominantes de bénéficier d'une fenêtre d'opportunité pour abaisser les droits et les conditions de vie des populations en général et de la jeunesse en particulier. Cela a conduit à l’exode massif d’une jeunesse qualifiée des pays victimes de l’austérité vers les puissances dominantes, qui bénéficient ainsi de main d’œuvre docile, moins cher et formée.

Sous l’égide de la troïka (commission européenne-BCE-FMI), des plans d’austérité drastiques sont imposés. Cela s’est traduit par la destruction des services publics, dans le transport, la santé, l'éducation et l'enseignement supérieur sans oublier la mise en précarité de dizaines de millions de jeunes travailleurs, ainsi que des reculs démocratiques importants dans nombre de pays. Les gouvernements technocratiques ou de coalition ont imposé le vrai visage du système capitaliste: celui de la course au profit à tout prix.

Les jeunes ont été au cœur de cette spirale infernale. Dans l’accès à l’éducation, la nouvelle orientation Europe 2020 a fait suite aux réformes de libéralisation de l’enseignement supérieur. Quand en Europe du Sud, les bourses sont supprimées et des universités fermées, les formations sont soumises au bon vouloir des entreprises en Europe du Nord avec un renforcement des établissements privés. Dans l’accès à l’emploi, c’est la précarité qui fait office de loi. Alors que les droits du travail sont détruits dans chaque pays et que les salaires sont baissés, de nouvelles mesures de précarité sont prévues. Au nom de la lutte contre le chômage des jeunes, l’Union européenne souhaite instaurer une garantie jeune, revenu minimal pour permettre aux jeunes de favoriser leur insertion professionnelle. Ce n’est en fait qu’un outil de précarisation, un revenu de misère (700 euros), la massification de l’apprentissage dans l’enseignement supérieur qui poussera à toujours plus de mise en concurrence des travailleurs. En clair, faire travailler des jeunes Grecs ou Espagnols en Allemagne ou en France avec le salaire de leur pays d’origine. Le traité transatlantique sur le commerce en négociation entre l’UE et les Etats-Unis sera enfin une nouvelle pierre à l’œuvre dans le dumping social et la dérégulation environnementale des échanges.

Pour les jeunes d'Europe, alors que les conséquences désastreuses des politiques d’austérité ont provoqué une explosion du chômage atteignant jusqu'à 60% des jeunes en Grèce, 55 % en Espagne, près de 40 % en Italie et au Portugal et près de 26 % en France, cela annonce une aggravation de la situation.

Sur la scène internationale, les pays européens se sont illustrés par un alignement plus qu’inquiétant sur la politique guerrière des Etats-Unis. Avec des interventions diverses en Afrique, l’Union européenne fait la promotion de la guerre économique sans cesse et se transforme de plus en plus en un pôle impérialiste en concurrence avec d'autres grands centres régionaux dans la course aux ressources énergétiques.

Elle crée des effets désastreux dans son voisinage, source d’une émigration économique qu’elle réprime par le sang avec l’outil de surveillance des frontières Frontex. Instrumentalisant ce phénomène, elle œuvre à agiter des discours xénophobes et racistes pour mieux diviser les peuples européens en lutte.

C'est pourquoi, nous considérons qu'il faut transformer le 25 mai prochain en une grande journée de lutte rassemblant toute la jeunesse d'Europe contre l'austérité dans le prolongement des mouvements sociaux pour porter la colère, l'indignation et l'espoir d'un avenir digne.

Ces élections seront l'occasion de mettre en débat au cœur de la jeunesse de France la question européenne rejetée par un part croissante des jeunes de notre pays. Il faut travailler à la convergence des luttes menées par les jeunesses d'Europe et poser les bases de notre projet sur ces revendications légitimes et communes. Cette échéance doit ouvrir un horizon de luttes pour construire ensemble les débouchés de ces luttes et dépasser les cadres actuels de l’Union européenne qui dépossède les peuples de leur souveraineté.

Comme nous l’affirmions notre dernier Congrès en 2010, « Les institutions actuelles de l'Union, soumises au capitalisme, mettent tout en place pour imposer leur vision du monde. Cette volonté d'imposer une vision du monde capitaliste est permise par l'éloignement du pouvoir décisionnel. Il est donc plus que jamais nécessaire de nouvelles structures garantes de la démocratie, des droits des travailleurs, de la solidarité, de la paix. Construisons un Europe au service des peuples, émancipée de la domination du capital ».

Nous pensons qu’il est possible de favoriser une dynamique constructive et solidaire.

En cela, les réalisations en Amérique latine sont des points d'appui qui crédibilisent notre volonté de constru0ire d'autres projets régionaux fondés sur l'émancipation des peuples. Les contacts que nous avons pris en 2013 pendant nos voyages de solidarité en Europe ou au FMJE à Quito, nous rappellent que cette envie est partagée par d'autres organisations en Europe.

C'est pour cela que nous faisons le choix d'axer notre bataille sur 4 points que nous considérons comme majeurs :

  1. Nous nous attellerons à la question cruciale du chômage des jeunes et mobiliserons en France et en Europe contre la « garantie jeune » telle qu'elle est proposée par l'axe Paris-Berlin. Proposer des mesures efficaces de sortie de crise et de promotion de l'emploi des jeunes sera d'ailleurs le complément impératif à cette démarche, qui nécessite une sortie de l’austérité pour investir massivement dans les besoins fondamentaux de la jeunesse.
  2. Nous porterons le refus des projets européens de privatisation de l'enseignement supérieur, de la marchandisation des savoirs et de la concurrence pour promouvoir ainsi des coopérations au service de la recherche et de la réussite des étudiants. En lien avec les étudiants communistes, nous bataillerons autour de contenus protecteurs de cadrages des diplômes, des formations et des stages et pour de réelles coopérations au service de la recherche et de la réussite des étudiants.
  3. Nous nous battrons pour une Europe de paix. Nous ferons le choix de prolonger notre bataille « Palestine- Agir ici et maintenant »  en mettant fin aux accords signés entre l'Union Européenne et l’État colonial d'Israël, en demandant l'application réelle des Lignes Directrices qui demandent la fin des importations des produits issus des colonies.  De plus, alors que l'Union européenne n'a jamais été aussi engagée dans des conflits armés, il faut élire des députés qui seront vigilants à toute nouvelle visée prédatrice et porteront, de concert avec le mouvement populaire, la fin des guerres et une politique au service de la paix.
  4. Face à l’Europe forteresse et aux discours racistes, nous combattrons Frontex et les accords de libre-échange avec les pays exploités, véritables chevaux de Troie des entreprises européennes et des privatisations dans ces pays. Nous voulons bâtir un espace de co-développement en Méditerranée, mutuellement bénéfique entre les deux rives.

Le Conseil National du Mouvement Jeunes communistes estime que les Européennes peuvent être un tremplin pour ouvrir des perspectives nationales en cas d'un score du Front de gauche à la hauteur des attentes et des souffrances de la jeunesse de notre pays et une brèche à l'Europe du capital.

C'est pour cela que nous appelons les jeunes communistes à s'engager pleinement dans cette bataille en mobilisant la jeunesse face au défi de l'abstention pour faire élire un maximum d'eurodéputés communistes et front de gauche. Mais aussi pour faire œuvre d'éducation populaire auprès de la jeunesse de ce pays, pour expliquer à nos compatriotes la réalité de l'Europe du capital et ce que constitue le projet d'Europe des peuples que nous portons, de concert avec la réalité de la vie des jeunes et de leurs aspirations.