Mouvement des jeunes communistes
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Assemblée Nationale des Animateurs du MJCF 11, 12, 13 novembre 2005
Atelier Animer les Etats Généraux des lycées pour la réussite de tous
Introduction et Compte rendu

Introduction de l’atelier

« Animer les Etats Généraux des lycées pour la réussite de tous »

Présentée par Laetitia Ardil (Nantes)

21. Pourquoi et comment militer au lycée ?2

a) Pourquoi militer au lycée ?

Militer en qualité de jeune communiste dans son propre lycée est un acte de droit, qui permet de faire la preuve que les jeunes ont entièrement leur place en politique, qu’il est possible et souhaitable de se battre pour la justice, l’égalité, la dignité… et qu’ils sont en capacité de devenir des citoyens prenant en main leur avenir. L’intérêt de développer l’action militante dans son environnement proche permet également de faire vivre les solidarités tant au niveau local (on l’a vu avec les lycéens sans papiers qui ont été sauvés de l’expulsion grâce à l’engagement et à la mobilisation des profs, associations, parents, et lycéens) qu’au niveau international (pour la paix en Israël-Palestine). Le discours qu’on tient à ceux que l’on croise tous les jours prend une dimension plus humaine et réaliste. La bataille concrète de solidarité pour les lycéens sans papiers a permis de faire reculer les idées réactionnaires, qui n’ont de cesse de briser la vie de nombreux jeunes et tout ce qui fait du lien social. Le fait de militer dans son lycée doit nous permettre d’échanger et de faire vivre nos idées dans un lieu de carrefour idéologique. En effet, le lycée est un lieu de formation mais souvent les savoirs dispensés sont donnés comme des vérités. Amener des idées communistes aux lycéens leur permet de se confronter avec des idées différentes de la pensée dominante : c’est aider au développement de leur esprit critique, c’est faire vivre la citoyenneté au lycée, faire vivre aussi l’idée selon laquelle le lycée est un lieu de vie et d’émancipation. C’est aussi pour les jeunes communistes confronter leurs idées, leurs convictions et leurs rêves. Faire vivre la citoyenneté au lycée est un acte indissociable de la lutte et des ambitions collectives ; c’est la base pour faire des lycéens, des citoyens à part entière et donc permettre de construire une société démocratique : changer le lycée, c’est participer aux changements de la société.

b) Comment militer au lycée ?

Enormément d’initiatives peuvent être prises, avec toujours dans l’idée que pour changer la société, il faut être toujours plus nombreux pour convaincre. Il est donc impératif d’impliquer systématiquement le maximum de lycéens dans l’activité de la JC. Créer un groupe de jeunes communistes au lycée, par exemple, peut permettre de décider des sujets qui permettront de rassembler au maximum les lycéens et d’aller à la discussion. Tous les sujets peuvent être abordés : le racisme, les discriminations, la « malvie », les problèmes de logement, de santé, l’emploi, la solidarité internationale et, bien entendu, les questions du lycée, de la formation. L’idée est d’ouvrir un lieu d’échanges pour tous : un espace de débat, de lutte et de solidarité. Distribuer des tracts, écrire un journal, organiser des « petits-déjeuners discussion » devant le lycée, vendre Avant–Garde, organiser un débat mais aussi participer au CVL, être délégué de sa classe, au Conseil d’administration du lycée... : tous ces gestes peuvent être faits dans les lycées. Des droits lycéens existent et on peut les utiliser.

22. Les EGL pour la réussite de tous.2

L’objectif des « Etats Généraux des Lycées pour la réussite de tous » est de construire une alternative à la loi Fillon avec tous les lycéens, qu’ils soient organisés ou non. La construction de cette alternative permettra de construire un rapport de force susceptible de gagner enfin l’école de la réussite pour tous.

a) Le Mouvement Fillon (janvier- avril 2005)

Ce mouvement a eu un contenu politique très important qui réclamait l’égalité, qui remettait en cause le choix d’une école libérale. De nombreux lycéens se sont organisés et il y a eu plus de 200 000 lycéens dans la rue. Cette forte mobilisation a permis de faire reculer le gouvernement sur son projet de bac inégalitaire en contrôle continu et sur la réforme des sciences économiques et sociales : il est important de montrer et re-dire que cette lutte a eu des effets ; sinon, à quoi cela servirait de se battre ? Mais l’essentiel de la loi Fillon reste. Je pense bien entendu à la mise en place du socle commun de connaissances, véritable SMIC culturel qui change radicalement les objectifs de l’école, qui en fait une école à deux vitesses et sans ambition pour la jeunesse. Pourquoi le mouvement contre la loi Fillon n’a t-il pas réussi à faire échouer entièrement ce projet ? Il nous a semblé que le manque d’unité des lycéens (et pas seulement des organisations lycéennes) et que l’absence de contre-projet à opposer à Fillon n’a pas permis d’aller au bout. Ces deux constats nous ont vite amenés vers l’idée que la JC devrait être l’outil des lycéens pour construire une alternative aux projets de Fillon : voilà comment est venue l’idée de lancer les EGL p. la R. de T.

b) Les EGL pour gagner l’école de la réussite

Les « Etats Généraux des Lycées pour la réussite de tous » sont une démarche permettant aux lycéens de recenser les doléances et les propositions des lycéens pour permettre de lutter et gagner l’école de la réussite pour tous. Nous avons lancé à la Fête de l’Huma les EGL. Partout où l’on pose cette démarche, les lycéens sont enthousiastes, des questions se posent : comment faire ? par où commencer ? Peut être que les camarades qui militent dans les départements où cela a été réfléchi peuvent nous faire partager leurs expériences : ce temps de débat sert à cela.

Je l’ai déjà dit tout à l’heure, pour gagner des luttes il est nécessaire d’être toujours plus nombreux : donc pour faire reculer le gouvernement, nous devrons être mieux organisés, plus unis et plus nombreux que durant la mobilisation de l’année dernière. Nous avons donc informé les organisations de jeunesse présentes lors du mouvement Fillon, de notre démarche et nous allons avec l’UNL, le MJS et la JCR lancer un appel aux lycéens pour qu’ils s’emparent et organisent ces EGL. Seule la FIDL ne souhaite pas continuer, mais peut-être reviendra-t-elle sur sa décision. La JC comme dans les mobilisations de l’année dernière continue à mettre les organisations autour d’une même table. La démarche que nous proposons est inédite : les organisations sans renier leur identité, s’unissent pour permettre aux lycéens de créer un rapport de force dans tous les lycées, dans toutes les académies à partir des doléances pour construire des luttes locales et gagner le retrait de la loi Fillon et le lycée idéal.

c) Concrètement, voilà comment cela pourrait se réaliser, je dis bien « pourrait » car si l’on va au bout de notre démarche, ce sont les lycéens qui décideront. Ce que je vais dire n’est donc qu’un exemple de ce qui se réfléchit :

  • Demander aux lycéens s’ils souhaitent organiser les EGL en distribuant un tract d’appel à organiser et en expliquant la démarche
  • Réunir les lycéens motivés et créer un groupe des EGL dans le lycée, regarder comment organiser les EGL : un débat ou plusieurs, dans le lycée avec le CVL ou à l’extérieur du lycée. Peut être pas de débat mais simplement faire remplir le matériel, passer dans les classes…
  • Faire un travail de synthèse pour regrouper les doléances et propositions. Ce texte de synthèse pourrait être transformer en pétition locale pour gagner un pion, une infirmière, etc.
  • Faire remonter le texte au niveau national (par le site Internet qui est en préparation), élire des représentants du lycée pour la réunion nationale
  • Réunion nationale où il y a à nouveau un travail de synthèse des propositions de tous les lycées de France et où l’on dégage entre 10 et 20 revendications. Ces propositions pourront offrir une base, soit pour une pétition nationale, soit pour un travail avec les élus pour écrire une loi, soit pour un texte qu’on donnerait aux syndicats de profs, association de parents d’élèves pour enrichir leurs débats…

Une autre question que nous pourrions aborder aujourd’hui, c’est celle de la place de la JC dans les EGL : si nous réussissons à faire que les EGL soient organisés par les lycéens et soutenus par les organisations, alors se pose la question de notre place. Ceci se posera surtout pour la réunion nationale car il est rare qu’au niveau local, différentes organisation se côtoient. Nous réfléchissons depuis longtemps déjà aux propositions pour les lycées : comment enrichir ces propositions et comment les mettre en débat dans les EGL ? Eh bien maintenant place à la discussion, aux questions, aux premières expériences.

COMPTE RENDU DE L’ATELIER SUR LES E.G.L.

2LES EGL, QU’EST-CE QUE C’EST ?2

C’est une initiative de la JC qui propose aux lycéens d’aller au bout du mouvement contre la réforme Fillon tout en parant ses failles, c’est-à-dire le manque d’unité et le manque de propositions concrètes et solides alternatives à la réforme. Organiser les EGL consiste à récolter les doléances et propositions des lycéens et les faire remonter au niveau national. Les lycéens décideront d’en faire quelque chose : peut être une pétition nationale ou une loi… ? De cette façon nous pourrons instaurer un rapport de forces avec le gouvernement en concrétisant les revendications des lycéens autour de propositions communes et viser une possible médiatisation. Ainsi la parole sera redonnée aux lycéens et des luttes, non seulement locales mais aussi nationales, pourront être remportées. De plus c’est un processus inédit qui associe plusieurs organisations de lycéens (JC, JCR, MJS, UNL…)

2COMMENT ORGANISER LES EGL ?2

Lors de l’atelier, les JC ont proposé d’organiser des débats, de créer un site des EGL pour faire remonter les propositions et doléances avec peut-être un forum en ligne (permettant l’échange d’infos sur l’organisation, les difficultés rencontrées, de tracts, etc.), de rédiger des tracts ou/et de diffuser le tract national… créant ainsi un véritable réseau commun à tous les lycéens de France qui facilitera l’action. Pour lancer ces initiatives, on a évoqué l’importance de bien connaître ses droits de lycéen en cas de confrontation avec l’administration des lycées.

Au sujet de l’organisation des débats, il a été question d’une possible participation d’intervenants comme :

  • les différents acteurs du système éducatif (conseillers d’orientation, professeurs, CPE, etc.)
  • des élèves d’autres lycées pour mélanger les expériences vécues dans les filières techniques, les filières générales, les filières professionnelles, les instituts spécialisés (pour handicapés, mal entendants, mal voyants…), mai aussi des élèves « hors système » qui seront sûrement parmi ceux qui auront le plus à dire.
  • Des élèves venus de différents niveaux de l’éducation (élèves de collège, étudiants de l’enseignement supérieur, jeunes travailleurs…) Nous avons pensé que ces possibles interventions ou simples participations pourraient être enrichissantes et étendraient la cohérence de nos débats. A ce propos, on a évoqué la difficulté d’aller vers les élèves de bahuts différents.

Nous avons alors parlé des possibilités de gérer l’interventions d’acteurs du système éducatif, de professeurs par exemple :

  • préparer et gérer le débat seulement entre lycéens et à ce moment là :
    • permettre aux professeurs d’y assister et d’y participer en tant que personnes et non en tant que professeurs
    • communiquer les résultats du débat aux syndicats de professeurs et leur proposer de mener cette lutte à leur tour ou de nous soutenir
    • préparer le débat avec les professeurs et ensuite mener le débat entre lycéens
    • préparer le débat entre lycéens et ensuite mener le débat avec lycéens et professeurs Nous avons conclu qu’en effet notre combat serait plus efficace si nous associons les autres organisations (telles que les associations de parents d’élèves, les syndicats de professeurs et autres) permettant ainsi, en cas de médiatisation, d’être encore plus crédible, au niveau des chiffres par exemple, si nos chiffres sont donnés à nouveau par d’autres organisations.

Malgré tout, nous devons rester vigilants afin que les lycéens restent au cœur de ce processus, même s’il porte sur l’ensemble du monde de l’éducation.

2NOS PROPOSITIONS ET NOTRE PLACE DANS LES EGL2

Nos propositions portent surtout sur une re-définition du but de l’école. Elles s’articulent autour de 3 axes principaux :

  • Participer à la lutte contre les inégalités
  • Former à la citoyenneté
  • Former en vue d’un métier pour ceux qui l’ont choisi Ces axes restent à préciser, à approfondir et les EGL sont là pour permettre aux lycéens de continuer à discuter.

On a proposé par exemple d’approfondir davantage l’aspect « formation à la citoyenneté », de mettre plus en avant l’émancipation et la satisfaction des aspirations de la personne en matière de formation plus que la simple formation à un métier, et, de ce fait, d’insister également sur l’importance de l’orientation.

On a également proposé d’approfondir le pourquoi de ces trois actes pour gagner en crédibilité et en force lors des discussions qui peuvent accompagner la distribution de tracts ou qui peuvent avoir lieu lors des débats.

Enfin on a proposé de rebondir sur l’actualité (violences urbaines) et sur les effets immédiats de la réforme Fillon pour toucher un peu plus les lycéens sur l’importance de cette initiative.

Quant à l’actualité au niveau de l’association de différentes organisations, un tract commun est en réflexion, les réunions unitaires se passent plutôt bien. Il est important que toutes les associations de jeunesse s’associent autour de cette initiative pour plus de crédibilité.


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