Depuis plus de trois ans maintenant, les travailleurs français subissent de plein fouet une politique gouvernementale désastreuse en matière d’emploi et de droits salariaux. Remise en cause des 35 heures, réforme des retraites, suspension de la loi de modernisation sociale, ... Autant de réformes qui traduisent la volonté des libéraux de mettre à mal les acquis sociaux. Plus récemment, le gouvernement de droite a encore accentué sa politique destructrice : l’illustration la plus flagrante en est l’instauration du Contrat Nouvel Embauche, qui permet aux patrons des entreprises de moins de 20 salariés de créer des contrats de travail avec une période d’essai de 2 ans, ce qui se traduit dans les faits par une véritable légitimisation des licenciements abusifs.
Face aux critiques formulées par les partis et organisations de gauche, le gouvernement ne cesse de se targuer d’avoir fait baisser le nombre de demandeurs d’emploi. Si l’on y regarde de plus près, il apparaît que cette baisse miraculeuse est en fait majoritairement le résultat de radiations massives des listes de l’UNEDIC, et que la tranche d’âge pour laquelle aucun baisse n’est à noter reste celle des moins de 25 ans.
Les jeunes constituent donc une fois de plus les principales victimes de la crise du marché de l’emploi. Mais le chômage ne représente qu’une facette de la précarité qui gangrène la jeunesse. Car pour ceux qui ont la chance de travailler, la situation est loin d’être reluisante : temps partiel, intérim, conditions de travail déplorables ... Ajoutons à cela des salaires de misère. Combien de jeunes payés au SMIC se retrouvent en fin de mois avec les mêmes difficultés financières qu’un jeune RM-iste ? Ce phénomène, de plus en plus tangible, est le résultat d’une volonté patronale, soutenue par les hautes instances politiques au pouvoir, de flexibiliser l’emploi et de diminuer le coût du travail. Car dans l’idéologie capitaliste , le salarié n’a pour seule utilité que de servir les intérêts de la classe dominante. Il doit donc être corvéable à merci, et à un moindre coût.
Face à cette situation intolérable, un mouvement de jeunesse comme le nôtre se doit d’être un élément moteur pour l’émergence d’une alternative. Depuis plusieurs années, nous avons déjà eu l’occasion de travailler ces thématiques de l’emploi et de la précarité. Nous avons tous en tête, autour de cette table, des batailles que nous avons menées dans nos fédérations. Au niveau local, citons entre autres nos combats contre la fermeture du site Nestlé Saint Menez, pour les intérimaires de l’usine PSA d’Aulnay-sous-Bois, et contre la délocalisation de l’usine STMicroélectronics de Rennes. A l’échelle nationale, des dynamiques ont également vu le jour, pour travailler ces questions de manière plus globale, avec le Rassemblement Anti Précarié.
Il s’agit là de problèmes qui nous tiennent vraiment à cœur, ce qui a motivé la mise en place d’une commission « emploi – précarité » au sein du Conseil National de notre mouvement.
Il était donc naturel d’en faire un thème central de cette Assemblée des Animateurs, ce qui n’a pas été démenti par l’enthousiasme des camarades lors du débat d’hier soir en présence d’Yves Dimicoli. De ce débat, extrêmement riche en échanges d’expérience et de points de vue, sont ressortis plusieurs interrogations et axes de travail. Le projet de Sécurité d’Emploi et de Formation a été longuement évoqué, et a fait ressurgir notre désir de formation concernant ce concept, afin d’en maîtriser les tenants et les aboutissants. Par ailleurs, l’accent a été mis sur la nécessité de travailler à la création de nouveaux droits d’intervention des salariés en entreprise, ainsi que sur la volonté de passer d’un travail subi à un travail choisi, d’une situation d’asservissement à un moyen de sociabilisation et d’épanouissement.
C’est à partir de ces échanges que nous vous proposons aujourd’hui de réfléchir sur le rapport des jeunes au travail au travers de l’évaluation de l’activité du Mouvement Jeunes Communistes, et ce dans le but des définir de batailles nationales traitant des questions de l’emploi et de la précarité. Pourquoi, par exemple, ne pas décider de lancer une grande campagne de porte-à-porte et d’affichage, qui pourrait porter sur la pérennisation des contrats précaires, l’augmentation des minima sociaux, ou encore sur la démocratisation du fonctionnement des entreprises.
Il conviendra, bien entendu, de privilégier le suivi de ces actions, et le partage d’expérience entre les fédérations. En ce sens, le lancement d’un forum internet pourrait s’avérer utile.
Toutes les idées sont bonnes à prendre, mais gardons à l’esprit la nécessité de sortir de cet atelier avec des axes de travail clairs, concrets et cohérents.