Les membres du CECAU ont fait une introduction centrée sur 5 points : - La nature du collectif unitaire. - Les motifs d’opposition à la LRU. - L’Etat de la mobilisation et les perspectives. - La convergence avec les travailleurs en lutte. - Les fermetures administratives des universités.
Bref résumé de l’introduction :
Le collectif unitaire CECAU regroupe les organisations de jeunesses appelant à l’abrogation de la LRU. Il est composé de syndicats, d’organisations politiques et d’associations. Il a oeuvré à l’impulsion du mouvement actuel. Il ne se considère pas pour autant comme son représentant et estime que la coordination nationale étudiante est l’instance de représentation et de décision légitime des étudiants.
L’opposition à la LRU se fait principalement sur les quatres points suivants :
- L’autonomie de gestion budgétaire et la recherche de ressources propres. En organisant la pénurie budgétaire, l’Etat contraint les universités à recourir pour son financement aux fondations et au mécénat, c’est-à-dire aux intérêts privés : cela permet une véritable privatisation. De plus, autonomie financière et pénurie budgétaire donneront prétextes et moyens à l’augmentation des frais d’inscription - facteurs de la sélection sociale ;
- La systématisation des dispositifs de préinscription et d’orientation active qui introduisent une forme de sélection à l’entrée de l’université ;
- La révision de la composition des conseils d’administration et le renforcement du pouvoir des présidents, qui ont pour fonction de faciliter une gestion entrepreneuriale. La proportion de personnalités extérieures issues du patronat, non élues, qui augmente au détriment des élus des personnels et des étudiants. Les universités sont ainsi destinées à être transformées en centres de formation et de recrutement adaptés aux besoins immédiats du patronat.
- Le recrutement de contractuels précaires (déjà nombreux aujourd’hui) pour le personnel enseignant et non enseignant à la place de fonctionnaires, qui cassera les statuts de la fonction publique et encouragera également la séparation entre enseignement et recherche.
Pour le CECAU, on se dirige avec cette loi vers un enseignement supérieur à 2 vitesses : d’un côté des grands campus universitaires à vocation d’une reconnaissance internationale avec un fort lien entre enseignement et recherche ; de l’autre côté la multiplication de facs dont les cursus sont principalement les cycles courts et professionalisants sans lien avec la recherche pour fournir une main d’œuvre « bon marché » aux entreprises du bassin local d’emploi.
La mobilisation grandit de jour en jour. Dans la dernière série d’AG, 48 ont été recensée. Sous forme cumulative ont à les chiffres suivants : 33 AG à plus de 100 étudiants, 20 à plus de 200, 7 à plus de 500. D’ores et déjà des AG ont voté la grève et ont mis en place des piquets de grève, notamment à Rouen, Toulouse et Tolbiac. Les prochaines dates de mobilisation appelées par le collectif sont le 8, le 14 et le 20 novembre.
Si les étudiants dans les AG et à la coordination étudiante mettent en plus de l’abrogation de la LRU d’autres revendications comme la suppression des franchises médicales par exemple, c’est pour plusieurs raisons. D’une part, les réformes actuelles du gouvernement vont les touché directement et augmenté la précarité étudiante. D’autre part, beaucoup sont convaincus que seul un mouvement social d’ampleur pourra faire céder le gouvernement et expriment leur soutien avec les travailleurs en lutte.
Enfin, le CECAU a dénoncé les fermetures administratives des universités imposées aux étudiants. Celles-ci deviennent systématique dès que la grève et les piquets de grève sont votés en AG. Ces fermetures demandées par certains présidents d’université ont pour but de casser la mobilisation actuelle. Pour le collectif, la grève est un moyen d’amplifier la mobilisation en créant les conditions d’une participation massive aux AG pour informer les étudiants.
Les questions qui nous ont été posées ont notamment porté sur la possibilité d’une réelle massification du mouvement et sur la position de l’UNEF. Nous avons répondu que le mouvement était très bien parti et que l’information faite sur la LRU et sur les réformes du gouvernement devrait permettre sa massification. Les problèmes éventuels venant principalement des fermetures administratives et du rapport de force politique actuel étant donné notamment que le PS n’appelle pas à l’abrogation de la loi. Concernant l’UNEF, nous avons dit que la mobilisation des militants de l’organisation s’exerçait de façons differentes selon les universités et que il n’y avait pas aujourd’hui d’éléments permettant une clarification de la position de l’UNEF qui pour l’instant n’appelle pas à l’abrogation. Le collectif unitaire n’est fermé à aucune organisation de jeunesse appelant à l’abrogation mais toutes ne l’ont pas fait et ne se sont pas manifestées pour participer au collectif.