Mouvement des jeunes communistes
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Articles sur les jeunes communistes de Seine Maritime (76) paru dans le journal Paris Normandie
Etre communiste vingt ans après
« POLITIQUE. Vingt ans parès la chute du mur de Berlin, comment continue à vivre le communisme aujourd’hui. Enquête en Haute-Normandie »

"Le mur de béton démoli à coups de masse, ses pierres arrachées à mains nues par des milliers de Berlinois de l’est et de l’ouest euphoriques : le 9 novembre 1989, le monde entier assiste en direct à la délivrance d’un peuple mais surtout à l’écriture d’une page de l’Histoire qui marque le début de la fin de l’empire soviétique. Ce jour-là, Gaspard avait 5 ans, Arthur et Victor n’étaient pas nés. Vingt ans après, ces Jeunes communistes de Seine-Maritime ont accepté de nous livrer les raisons de leur adhésion à une idéologie dont le livre noir reste sulfureux.

Arthur, 15 ans, père dentiste, mère infirmière, lit l’Humanité de temps en temps, milite depuis un an déjà. Le mur, la RDA, tout ça, « je n’ai pas connu cette histoire. Je suis venu pour l’idéologie, et à mon sens l’URSS de Staline n’a aucun rapport avec l’idéologie communiste. » L’égalité, la démocratie, la défense des travailleurs, ce sont ces valeurs-là qui ont attiré l’élève du lycée Jeanne d’Arc de Rouen, pour qui militer est « aussi une manière de refuser la société capitaliste qu’on nous inflige ». Et quitte à se souvenir du passé, il préfère encore retenir le Front populaire et la Résistance, épisodes effectivement plus reluisants que le goulag ou la Révolution culturelle de Mao.

La question de l’héritage chatouille Gaspard Cassius, 25 ans, le coordinateur départemental des Jeunes communistes, un mouvement que tout le monde désigne par son diminutif féminisé, « la JC ». « Des crimes ont été commis au nom du communisme, mais pour moi ce n’était pas le communisme », parce que « le communisme, ce n’est pas la dictature. Le PCF n’est plus pour la dictature du prolétariat (depuis 1976 et les distances prises avec Moscou, NDLR). Le capitalisme a aussi indirectement produit beaucoup de morts, mais on parle rarement de ses échecs et on ne le compare pas à la dictature, s’emporte le jeune militant. Au nom du capitalisme, Pinochet a fait un coup d’Etat ! Hitler était capitaliste ! » A l’entendre, même les attentats du 11 septembre 2001 font partie des effets délétères du capitalisme. Le discours déjà bien rôdé : Gaspard, diplômé en économie, est chargé de mission pour le groupe PC au conseil régional de Haute-Normandie. Il est accessoirement le fils de Luc Cassius, qui fut adjoint de l’ancien maire communiste d’Evreux Roland Plaisance.

Encarté depuis 2006, ce jeune homme souriant s’applique à relancer la JC 76, quasi mise en sommeil depuis la rupture avec la politique de l’ex-secrétaire national Robert Hue, jusqu’à ce que la campagne présidentielle 2007 ne réveille les consciences. D’une dizaine d’adhérents, le mouvement est passé aujourd’hui à une cinquantaine. Historiquement implanté à Rouen et au Havre, il est depuis peu représenté à Dieppe, la ville de Sébastien Jumel (lire page ci-contre). Les adhérents se réunissent régulièrement, et ont pour mission sur le terrain, aux portes des lycées, de « livrer aux jeunes un autre message que celui de la pensée dominante libérale ».

Dans son rêve de révolution par les urnes, Gaspard ne voit qu’« égalité et émancipation de l’Homme ». Les nouveaux Jeunes cocos ont des combats (la JC 76 a lancé une pétition sur Internet pour la gratuité des transports en commun), mais plus de héros. « On est contre la personnification. Le Che, peut-être… Et encore, on sait qu’il n’a pas fait que du bien. »

Mais quand on est jeune et qu’on attend le Grand Soir, pourquoi ne pas suivre Olivier Besancenot au NPA ? « Ils ne veulent pas participer à la gestion des collectivités. Nous, on met les mains dans le cambouis. »

Victor, 18 ans, étudiant en fac d’anglais à Mont-Saint-Aignan, fils de syndicaliste, a signé le mois dernier à la JC et au PC. « J’en avais un peu marre de balancer mes réflexions à ma radio. Il fallait que je milite pour mes idées. » Ce que lui évoque la chute du mur de Berlin ? Silence. Et puis cette phrase : « Si je suis au Parti communiste et aux Jeunes communistes, c’est pour la politique actuelle, pas pour l’Histoire. »

Vous avez dit Histoire ? Du haut de ses 15 ans, Arthur cite Marx : « Celui qui ne connaît pas l’Histoire est condamné à la revivre. »

Sandrine Grosjean"

Les propos tenu par le journaliste, et ce qu’il fait dire aux personnes interviewé ne signifie pas que cela corresponde aux positions du MJCF.

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