La domination de classe structure notre société et les relations entre les individus. Mais les dominations fondées sur le genre, la nationalité, la couleur de peau, l’orientation sexuelle, la situation de handicape, le lieu de vie, etc. ne s’effaceront pas avec la seule disparition de la domination de classe. Certes, l’ensemble de ces inégalités permet au capitalisme d’asseoir sa domination. Mais celles-ci lui préexistaient et risqueraient de lui survivre, si nous ne nous en préoccupons pas. C’est pourquoi, dans son combat contre le capitalisme, la classe dont nous défendons les intérêts doit s’associer à l’ensemble de ces luttes émancipatrices afin de construire une société sans classe, sans dominations, faite de justice et de liberté.
Le vivre-séparément du capitalisme
21 avril : Le Pen au second tour. Le choc. La colère. Sa « victoire » a montré à quel point les choix libéraux et la manière de faire de la politique jusqu’à lors répondent insuffisamment aux attentes et aux besoins du peuple. Elle a montré que la xénophobie et les idées de haine progressent et se banalisent. D’autant plus que la majorité des partis politiques de France, sous couvert de lutte contre l’insécurité et l’immigration, tentent de nous imposer leurs idées.
Loi Ceseda, remise en cause de la loi de 1905 sur la laïcité, traque des sans papiers, loi sur la prévention de la délinquance… nous montrent que la droite et les idées de haine continuent de taper dur et de plus en plus fort.
La montée des idées fascisantes, mais aussi la persistance du sexisme, les inégalités croissantes, les attaques contre la solidarité nationale, la montée du communautarisme, le renforcement de l’individualisme avec ses normes restrictives et liberticides... cela nous empêche de vivre librement, en nous enrichissant les uns des autres, en construisant notre avenir commun. Les exploités tendent à devenir des sans droits. Elles et ils ne se reconnaissent plus comme appartenant à la même classe, ayant les mêmes intérêts. Les capitalistes assoient leur domination en multipliant les divisions entre celles et ceux qu’ils oppriment pour faire reculer la conscience de classe. Leurs attaques répétées contre tous nos droits et à notre conscience de classe ont poussé notre société dans l’insécurité sociale. Leurs agressions perpétuelles contre les services publics ont laissé toute une génération et des territoires sur le carreau. Leurs coups portés à notre épanouissement collectif et individuel ont ouvert la porte à tous les replis.
L’objectif des capitalistes de diviser pour mieux régner et le besoin que nous avons d’exister et d’être reconnus ont poussé certains d’entre nous vers le communautarisme. Cela témoigne de la faillite du pacte républicain. A nous de mener les batailles pour une République garante des conditions permettant à chacun de se construire en tant qu’individus et de s’épanouir au sein de la collectivité. A trop vouloir créer des communautés fermées, à trop vouloir mettre en concurrence, le communautarisme grandit, détruisant le partage, la solidarité, le commun. Il est impossible d’enfermer les gens dans des cases communautaires, aucun d’entre nous ne peut se résumer à son appartenance à une communauté car nous appartenons à bien plus, le genre humain. Le communautarisme exclut donc toute possibilité de faire société.
Alors, comment vivre toutes et tous ensemble ?
Les seules « réponses » apportées par le système capitaliste aux jeunes sont inégalités, dominations, discriminations, exploitation, conformisme, répression…
Les quartiers populaires sont des lieux de contradictions où se concentrent à la fois toutes les dominations et d’immenses richesses humaines. Les politiques de la droite et de l’extrême-droite y déploient toute leur énergie pour précariser, diviser et dominer. Taux de chômage effrayant, particulièrement des jeunes, précarité extrême, augmentation du vote FN, insalubrité des logements… Malgré cet acharnement, les quartiers populaires développement de fortes résistances, notamment par la valorisation de la solidarité et de l’entraide, par la rencontre et le partage entre les habitants. Nous soutenons les initiatives pour permettre aux milieux ruraux de s’émanciper.
Contre le « sois jeune et tais-toi », il est urgent de construire ensemble les cadres politiques et les espaces publics alternatifs permettant à chacun de s’épanouir, de rencontrer de multiples personnes riches de ce qu’elles sont, de se retrouver dans les luttes et dans les urnes, au sein d’un collectif qui nous ressemble et qui nous rassemble. Des espaces d’émancipation doivent s’ouvrir pour chaque jeune afin qu’il puisse trouver des réponses à son épanouissement, personnel et collectif.
Le vivre-ensemble des jeunes communistes
Nous voulons imaginer une nouvelle manière de vivre-ensemble qui passe, notamment, par une laïcité et une citoyenneté actives, dans le cadre d’une nouvelle République.
La laïcité telle que nous la concevons élimine toutes les discriminations, refuse le communautarisme, et tout dogmatisme, exige une égalité des droits pour toutes et tous. Elle implique une séparation des Églises et de l’État sur tout le territoire et doit garder pour base la loi de 1905. Les institutions républicaines notamment sont les lieux où cette loi doit être le plus strictement appliquée. Donnons à la laïcité tout son éclat afin qu’elle devienne un cadre d’épanouissement de chacun.
La citoyenneté telle que nous la concevons doit mettre en place de nouveaux droits citoyens et sociaux, de nouveaux cadres institutionnels structurant une démocratie authentique. C’est une citoyenneté de résidence, accordant les mêmes droits à toutes les personnes vivant en France. Son cœur sera le partage des pouvoirs, l’intervention de chacun, l’implication des citoyens dans tous les lieux de vie, la construction collective de toutes les décisions.
Nous voulons une société d’égalité des droits. Alors que dans les esprits s’impose la notion d’égalité des chances, nous revendiquons la nécessité d’une véritable égalité de droits pour aller vers l’égalité réelle. C’est une étape indispensable pour garantir la place de chacun dans notre société et donc créer les conditions d’un vivre-ensemble. Les luttes contre les discriminations et pour la conquête de l’égalité des droits sont parties intégrantes d’un processus de transformation de la société et d’émancipation des individus.
Nous voulons une société qui travaille sur sa mémoire collective. Les discriminations, ainsi que les luttes qui ont permis aux femmes et aux hommes de s’en libérer, font partie de notre histoire. Il est impossible de construire un avenir commun sans une histoire assumée et partagée. Il faut tirer les leçons du passé et ouvrir les pages de l’Histoire, pour enfin créer les cadres d’une identité collective dans laquelle nous nous reconnaissons toutes et tous.
Nous voulons faire évoluer les mentalités pour une société de libres individus. Des siècles de dominations ont imprimé à nos sociétés des schémas de pensée et des repères parfois en contradiction avec nos valeurs. L’égalité des droits et la redéfinition d’une mémoire collective ne suffiront pas à faire de nous des individus libérés, c’est pourquoi il faut lutter pour faire évoluer les mentalités et construire un nouveau rapport à l’autre et à la société.
Les jeunes communistes combattent les a priori au quotidien afin de vivre ensemble dans une société émancipée.